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mai 2022

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Rendre votre épargne verte & éthique

Selon un sondage Ipsos réalisé en début d’année 2022, huit Français sur dix se disent « inquiets » vis-à-vis de l’environnement et du changement climatique. Mais dans le même temps, on peut lire ici que deux tiers des Français ignorent ce qu’est l’épargne responsable. Décarboner l’épargne des français ! Voici un des enjeux majeurs des prochaines décennies. Tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il n’y aura pas de transition écologique réussie sans une réorientation de l’épargne. L’article ici a pour but de faire un constat de ce que les banques font de votre argent, et plus précisément de voir par les chiffres comment votre épargne pollue la planète. Face à ce constat, je souhaitais vous présenter les solutions qui s’offrent à vous pour sortir de cette spirale en répondant à une question : Quels sont vos leviers pour rendre votre épargne plus verte et éthique ? Nb : Je rappelle le distinguo entre produit d’épargne et solutions d’investissements 👇 Solutions d’investissements : Placements financiers et/ou immobiliers et/ou alternatifs permettant de placer son argent et de le faire fructifier à horizon moyen / long terme. Vous pouvez d’ailleurs retrouver les solutions pour investir socialement responsable dans cet article. Produits d’épargne : Placements financiers sur lesquels vous mettez votre épargne de précaution, c’est-à-dire l’argent mobilisable instantanément en cas de besoin (Comptes courants ou livrets classiques). C’est donc cette seconde catégorie qui nous intéresse dans l’article qui va suivre et plus particulièrement l’analyse et la comparaison des offres de banques éthiques, vertes. Voici les plus connues : Crédit coopératif, Green-Got, Helios, La Nef et OnlyOne. La Nef La Nef est une banque éthique créée en 1988 qui compte 70 000 clients. Voilà de quoi rassurer un peu ! Leur but est de financer uniquement des projets écologiques, sociaux ou culturels. Dans cette banque 2 options s’offrent à vous : C’est grâce à l’argent collecté sur ces livrets qu’il est possible de se faire financer des projets grâce à des prêts allant de 2 à 15 ans pour des montants allant de 5000 € à 75 000 € s’ils répondent des critères éthiques. Il n’y a pas de compte courant possible, ni de carte de crédit. L’avis Learn’Invest : Cette banque a fait ses preuves depuis plus de 30 ans et s’avère être une option relativement sûre et sécurisée. La Nef est exemplaire sur la transparence de l’utilisation des fonds, un rapport permet de connaître l’ensemble des projets financés chaque année. Il est dommage qu’il n’y ait pas de carte de paiement car si vous choisissez cette option, il vous sera nécessaire de jongler entre 2 banques (La Nef pour vos livrets d’épargne de précaution et une autre banque pour le compte courant lié à votre carte bancaire). Le Crédit Coopératif Le crédit coopératif se distingue en proposant une gamme de services proche d’une banque traditionnelle. Cela lui est rendu possible par le fait qu’il s’agisse d’un membre du réseau BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne). Les clients se voient proposer de choisir quels types de financement peuvent être réalisés avec leurs fonds (Économie Sociale et Solidaire, agriculture durable, transition énergétique…). Par ailleurs, on peut noter un engagement de ne pas financer certaines activités (extraction fossile, nucléaire…). La gamme pour le client est assez large avec des produits qui peuvent être décliner en version solidaire ou non : L’établissement dispose d’une large gamme de prêts dont les prêts PREVair. Leur seul but est de financer des projets à but écologique (Financement réalisé avec l’argent collecté sur les livrets CODEVair). L’avis Learn’Invest : Le Crédit Coopératif est né en 1938 ce qui fait de cette banque une valeur sûre. La gamme de choix est totale et vous pourrez tout faire en étant client uniquement de cette banque (Moyens de paiements, Compte courant, Livrets). Elle représente une option simple pour gérer votre épargne de précaution et l’orienter vers des objectifs solidaires. Il est facile de voir le côté solidaire des intérêts des livrets mais il est par contre difficile d’assurer une traçabilité complète de l’utilisation des fonds de l’ensemble des produits proposés, notamment ceux communs avec le groupe BPCE. En effet, les sommes placés sur les livrets CODEVair financent des prêts PREVair mais quid de l’argent des autres livrets ? OnlyOne / Helios / Green-Got Helios, OnlyOne ou encore Green-Got sont des nouveaux acteurs dans le domaine bancaire qui ont respectivement lancé leurs offres en février 2021, avril 2021 et décembre 2021. La première chose à savoir avec ces fintechs, c’est qu’elles ne sont pas des banques à proprement parler mais des prestataires en services de paiement. Ce point est des plus important car elles ne peuvent garantir l’utilisation finale des fonds et doivent s’associer à des banques qui elles utilisent l’argent pour octroyer des crédits aux entreprises. De ce fait, Green-Got, Helios et OnlyOne ne sont pas seuls maîtres à bord pour garantir l’utilisation finale des fonds et il est difficile pour eux de le faire à 100%. Quelles sont alors leurs promesses ? OnlyOne propose un compte courant avec une carte de paiement internationale fabriquée à 85% en PVC recyclé puis promet de : 👉Reverser 10% de son chiffre d’affaires à Unitlife, un fonds qui lutte contre la malnutrition chronique. 👉 Reverser les revenus issus des transactions réalisées chez des commerçants à la société EcoTree, spécialisée dans la valorisation économique et écologique des forêts françaises et de leur biodiversité. 👉 Donner accès à une application “eco-coach” qui vous indique l’impact carbone de chacun de vos paiements. Helios propose aussi un compte courant, avec une carte de paiement internationale fabriquée en bois naturel de cerisier puis promet de : 👉 Utiliser l’argent présent sur votre compte uniquement pour des projets concrets de la transition écologique comme l’agriculture durable, la mobilité bas carbone, efficacité énergétique, énergies renouvelables, conservation écosystèmes et le traitement des déchets. 👉 Reverser les revenus issus des transactions à des projets liés à l’environnement. Dans le cas d’Helios, la 1ère promesse est selon eux possible car ils ont noué un partenariat particulier qui permet d’isoler

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Comment votre épargne pollue la planète ?

Si nous devions catégoriser votre argent en 2 grandes poches, nous pourrions les séparer de cette manière : 👉 L’épargne, c’est-à-dire l’argent disponible sur vos livrets en cas coup dur. 👉 L’argent investi, c’est-à-dire ce dont vous n’avez pas besoin à court/moyen terme et que vous faites travailler pour répondre à vos objectifs futurs. Dans le domaine de l’investissement, nous avons beaucoup d’outils et de données pour savoir comment nous voulons faire travailler notre argent. Si vous avez des objectifs écologiques et une volonté de ne pas confier votre argent à des sociétés polluantes, finançant des énergies fossiles, c’est aisément réalisable : 👉 Il est assez facile de comprendre où va l’argent que vous placez sur des actions Coca-Cola, 👉 Il est assez facile de comprendre où va l’argent que vous placez sur une assurance vie (le détail de fonds les composant sont disponibles pour tout le monde), 👉 Il est assez facile de comprendre où va l’argent que vous investissez dans des parts de SCPI (Est-ce pour financer des bâtiments éco-responsables ou non ? La politique d’investissement de ces sociétés étant transparente, la réponse est facile à trouver). Vous pourrez d’ailleurs trouver un article vous expliquant les différentes manières d’investir de manière solidaire et responsable sur Learn’Invest. A contrario, au sujet de votre épargne, est t’il facile de savoir ce que le Crédit Agricole, la Société Générale, la Banque Poste ou autres font de l’argent qui est sur votre livret A, votre LDD ou encore votre PEL ? La réponse est moins évidente. Peu importe où vous placez votre épargne, celui-ci n’est pas entreposé sur une petite étagère à votre nom en attendant que vous le récupériez. Il est tout simplement utilisé par la banque à qui vous le confiez. Certaines banques sont plus ou moins regardantes sur la façon d’utiliser VOTRE épargne. Alors la question est simple : l’argent que vous confiez à votre banquier sert t’il à financer des opérations participant au réchauffement climatique ? Contexte global du financement des énergies fossiles Le 12 décembre 2015, l’accord de Paris a été signé par l’Union Européenne et 191 Etats qui totalisent 95 % des émissions de la planète. Cet accord qui doit permettre d’avoir une réponse forte sur les effets du changement climatique a des objectifs clairs : a) Contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels… b) Renforcer les capacités d’adaptation aux effets néfastes des changements climatiques et en promouvoir la résilience à ces changements, et un développement à faible émission de gaz à effet de serre, d’une manière qui ne menace pas la production alimentaire. c) Rendre les flux financiers compatibles avec un profil d’évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques. Dans cet article, c’est évidemment le point c) qui nous intéresse le plus car il contraint le système bancaire global à s’adapter à cet accord et en outre à réduire considérablement le financement d’entreprises développant les énergies fossiles. Cependant la réalité est tout autre et c’est ce que nous montre le graphique ci-dessus, qui nous apprend par quel biais les banques financent ces activités. On y voit que 51 % du financement bancaire des énergies fossiles de ces 6 dernières années a pris la forme de souscriptions d’obligations et d’actions, et non de prêts. Cela indique une forme d’échappatoire pour toute politique bancaire car leurs engagements ne sont que les prêts souscrits. Cette donnée est accessible dans la 13ème édition du très connu rapport “Banking on Climate Chaos” publié en mars 2022. Ce rapport rédigé par 6 associations a étudié la réalité des 60 plus grandes banques mondiales. On y apprend que : 👉 Ces banques ont contribué au financement du développement des énergies fossiles à hauteur de 4600 milliards de dollars entre 2016 et 2021, 👉 Malgré 2 années Covid (2020 et 2021), ces montants restent plus élevés qu’en 2016 après l’accord de Paris. 👉 Les banques américaines continuent d’être les plus gros financeurs en occupant les 4 premières places du classement (avec JPMorgan Chase largement en tête), 👉 Au niveau Français, la BNP Paribas se place dans le top 10 des banques finançant le plus les énergies fossiles. En effet, vous pouvez consulter ci-dessous le classement complet des 60 plus grandes banques mondiales avec les montants qu’elles consacrent année après année au financement des énergies fossiles : Les banques françaises financent elles aussi la pollution ? Dans ce classement, nous trouvons évidemment les 6 grands groupes bancaires français : Les groupes bancaires ont donc octroyé le financement de 350 milliards de dollars à des entreprises du secteur des énergies fossiles depuis l’accord de Paris, soit 7,6 % du financement total mondial. Ces 6 banques ont également accordé 131 milliards de dollars aux 100 entreprises qui développent le plus de nouveaux projets d’énergies fossiles depuis la COP21. Grâce à cet ensemble de performances, cela place la France au 3ème rang des pays à le plus soutenir le développement des énergies fossiles derrière les Etats-Unis et la Chine. La BNP Paribas étant même la banque ayant financé le plus de projets liés aux énergies fossiles en Arctique ces 6 dernières années. Budget alloué aux énergies fossiles vs budget total des banques Afin d’être totalement complet, il est nécessaire de comparer ces sommes à la taille des banques. En effet, une banque ayant un budget de financement de 10 000 milliards de dollars par an a forcément plus d’impact en termes de montant qu’une banque ayant 1000 milliards de dollars de budget. Pour faire simple, plus la banque est grosse, plus son impact est gigantesque. Mais en termes de proportion du budget total, est-elle sur la bonne voie ou non ? Pour découvrir le résultat, vous pouvez utiliser cet outil créé par le média indépendant Quartz. Par exemple, JPMorgan Chase qui comme nous l’avons vu plus haut est le plus gros contributeur en termes de montant a consacré 7 % du budget

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Acheter des parts de SCPI moins cher grâce au mécanisme du démembrement

Pour investir dans l’immobilier sans s’imposer les contraintes des locataires et sans avoir à sortir des centaines de milliers d’euros, le mécanisme des SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) est certainement ce qu’il a de plus adapté et de plus sûr. Nous l’avons déjà évoqué précédemment dans d’autres articles et si vous souhaitez revoir les fondamentaux d’un tel placement, je vous laisse relire ces lignes qui vous permettront de tout comprendre. Investir dans des parts de SCPI peut se faire de 3 manières : 👉 En cash si vous disposez d’une somme à investir, 👉 A crédit, en utilisant l’effet de levier bancaire (Sujet traité dans cet article avec un cas concret très précis), 👉 En cash, en achetant les parts en démembrement. C’est ce sujet particulièrement que nous allons traiter. Très concrètement cela veut dire que vous achetez uniquement la nue-propriété de parts de SCPI, l’usufruit ne vous appartenant pas. A terme, la pleine propriété sera reconstituée au bout de quelques années (durée fixée à l’avance) pour que vous en ayez la jouissance complète. Alors comment cela fonctionne t’il ? Quels sont les avantages et les inconvénients ? Pourquoi réaliser un tel montage ? Bénéficier d’une décote Acheter des parts de SCPI en démembrement vous permet de les payer avec une décote. Vous devenez donc le nu-propriétaire de vos parts, ce qui implique qu’en contrepartie vous renoncez à percevoir les revenus liés aux loyers pendant la durée du démembrement car vous n’êtes pas l’usufruitier. Cette durée de démembrement varie selon votre choix de départ et en fonction, le pourcentage de décote est variable et différent pour chaque SCPI. Le gestionnaire de celle que vous aurez choisie va vous communiquer un tableau ressemblant à celui ci-dessous. Exemple : Vous achetez 100 parts valant 200 € chacune démembrées 10 ans. Dans le tableau ci-dessous, la valeur de la nue-propriété à 10 ans étant de 68%, vous ne paierez donc que 68% du prix normal.  👉 (100 parts x 200 €) x 68 % = 13 600 € (Au lieu de 20 000 €, soit une décote de 6 400 €). Maîtriser ses revenus et son impôt Acheter des parts de SCPI démembrée, c’est renoncer à percevoir les loyers pendant une durée définie. De ce fait, vous n’avez pas à payer d’impôt ! Utiliser le démembrement est très utile dans le cas où vous avez un objectif précis en tête comme par exemple la retraite. Exemple : M. Dupond doit partir en retraite dans 10 ans. Il achète alors des parts de SCPI démembrées car il n’a pas besoin d’un complément de revenu immédiat. Cependant il profite d’une décote sur ses parts. Lorsque qu’il partira en retraite et que ses revenus baisseront, il bénéficiera du complément de revenus liés aux SCPI. Il fait ainsi coïncider sa baisse de salaire et donc d’impôt avec l’apparition d’un nouveau revenu imposable. Ses revenus sont donc maîtrisés pour rester au niveau de son besoin et son impôt reste constant dans le temps ! De plus, pendant les 10 ans où ses parts étaient démembrées, celles-ci auront certainement profité du temps qui passe pour se revaloriser à la hausse (environ 1 % par an ces 10 dernières années). L’exemple cité ci-dessus parle de la retraite mais nous pourrions imaginer la même chose pour quelqu’un ayant un objectif de quitter un CDI à un horizon précis ou un besoin de hausse de revenus à une date précise (étude supérieure des enfants par exemple). Bon à savoir : La reconstitution de la pleine propriété au terme de la période de démembrement va engendrer un accroissement de la valeur des parts. Celui-ci est totalement exonéré d’impôts. Cas concret d’achat de parts de SCPI démembrées La question que l’on est en droit de se poser est la suivante… Est ce plus intéressant ? : 👉 De payer ses parts avec une décote en se passant des loyers X années, 👉 Ou de payer le plein tarif, récolter les loyers et payer les impôts qui vont avec. Mr et Mme Dupond ont 40 ans, leur tranche marginale d’imposition est de 11 % et leurs enfants attaqueront leurs études supérieures dans respectivement 6 et 8 ans, ce qui les inquiète car ce n’est pas forcément quelque chose qu’ils ont anticipé. Ce couple a cependant 150 000 € en banque sur divers comptes dont ils n’ont jamais vraiment pris le temps de s’occuper. Un conseiller leur a parlé des SCPI mais ils se questionnent encore sur la méthode d’achat, c’est-à-dire soit en pleine propriété, soit via un démembrement de 5 ans pour coller avec le début des études supérieures de leur premier enfant qui débutera l’année suivante. Option 1 : Achat de 150 000 € de parts de SCPI en pleine propriété (75 000 € en SCPI française et 75 000 € en SCPI zone Euro hors France). Pour faire simple, nous définissons qu’une part vaut 200 € et que le rendement moyen de ces parts est de 5%, ce qui est cohérent par rapport à la moyenne nationale ces 10 dernières années. De plus, nous ne prendrons pas en compte de revalorisation des parts dans ce calcul par souci de simplification (Dans la réalité, si votre part vaut 200 € en année X, l’historique montre qu’elle vaudra environ 200 € +1% environ l’année suivante etc etc). Ce couple peut donc s’offrir 750 parts de cette SCPI avec leurs 150 000 € (150 000 € divisé par 200 € la part). Année 1 : Avec un rendement moyen de 5%, ces parts vont leur rapporter 7500 € la première année. Ces 7500 € sont imposables à 11% soit 825 € d’impôts. Ensuite, la part des revenus issus des SCPI françaises (La moitié de 7500 €) est soumise aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Cela représente un impôt supplémentaire de 645 €. => Leur revenu net est donc de 7500 – 825 – 645 = 6030 € Année 2 : Leur capital est passé à 156030 € car ils ont réinvestis les sommes gagnées

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